RCJ RCJ

Towards collective digital exhaustion

2023-02-03 4:30Season S3 · Episode 22

RCJ S3E22 - Chronique Tech -


Vers un épuisement numérique collectif ?


Comme moi, très certainement, vous faites partie de nombreux groupes de famille, celui de fratrie, des cousins, de belle-famille ou de famille recomposée… de famille proche ou éloignée, des groupes d’amis, de vacances, d’activités des enfants et j’en passe.


Que ce soit sur WhatsApp, Telegram, iMessage, Signal ou Messenger , ces groupes ont deux caractéristiques majeures : on fait partie de ces groupes parfois malgré nous et on nous partage à longueur de journées, des photos, vidéos, sites « indispensables » à voir immédiatement en plus des discussions qui peuvent être animées.


J’ai planté un peu rapidement le décor pour cette chronique qui est venue comme une évidence à la lecture d’un tweet de la fille de Thomas D’Orazio ,51 ans. Celle ci


a publié une capture d’écran d’un message de son papa qui a été vue plus de 15 millions de fois et a généré des dizaines de milliers de réactions.


Son message en substance sur le groupe familial était : "Je ne peux pas lire tout ça, je ne supporte plus de toujours devoir rire ou aimer ou ajouter des petits cœurs à chaque pensée, photo ou blague publiées ici. Oui, j’aimerai, je rirai, je compatirai toujours avec vous. Mais je ne peux plus vivre avec cette pression, je pars, et c’est signé d’un vieux grincheux né avant les portables."


Cette histoire fort banale qui aurait dû rester privée est devenue en quelques heures l’étendard d’un phénomène que beaucoup subissent, redoutent, ne savent pas nommer ou bien vivent au quotidien : l’épuisement numérique.


Même si le message de cet américain est écrit avec humour et bienveillance, il révèle la pression que nous nous imposons à répondre, suivre, réagir à ces discussions amicales ou familiales en plus des heures passées devant l’écran au travail.


Le cumule de tous ces temps, en France, selon une étude récente de BVA sur l’hyperconnexion est de 4h50 passé par jour devant un écran et figurez vous que ça monte à plus de 7h13 pour les cadres en entreprises. Sur ces 7h, nous passons près de 2h sur les réseaux sociaux d’après le site Statista.


C’est beaucoup et ce temps pourrait augmenter si nous ne prêtons pas attention.


Cela paraît banal de publier, de commenter, de partager, de liker jusqu’à ne plus parler à ses amis, sa famille ou même ne plus dormir.


De quoi se poser cette question : pour se préserver de l’épuisement numérique, peut-on quitter un groupe WhatsApp sans qu’il y est "révolution "?


On a voulu créer du lien mais tous ces contenus et conversations partagées valent-elles vraiment la peine de l’être ? Et que disent finalement toutes ces publications que nous faisons ?


Je n’ai pas toutes les réponses bien entendu mais pour la petite histoire, Thomas D’Orazio n’est pas parti du groupe familial finalement : il a juste mis le groupe en silencieux et coupé les notifications. Ce que je vous encourage à faire si vous vous sentez proche de son état, pour éviter cet épuisement numérique.


A la semaine prochaine !