RCJ RCJ

TikTok, enemy app number 1?

2023-04-03 4:30Season S3 · Episode 30

RCJ S3E30 - Chronique Tech -


TikTok l'appli ennemie numéro 1 en Occident ?


On prenait, à l’époque, Donald Trump, alors président des Etats-Unis, pour quelqu’un qui exagérait en voulant interdire TikTok. Mais aujourd’hui cela pourrait être la normalité pour un pays d’au moins se poser la question de l’interdiction de l’application chinoise de vidéos courtes.


L’entreprise est toujours menacée aux Etats-Unis. La Maison Blanche sous l’administration Biden s’est dite favorable à son interdiction. En plus d’une audience au Congrès mouvementée la semaine dernière où les dirigeants de TikTok se sont défendus de toutes évasions de données vers la Chine.


En France, Il est désormais interdit d’avoir TikTok (mais aussi Netflix) sur les téléphones professionnels des 2,5 millions d’agents de la fonction publique d’Etat. De plus, le Sénat en France ouvre à son tour une enquête.


Vous le voyez, TikTok est devenue, une cible, la cible.


Cette commission sénatoriale sur l’utilisation du réseau social TikTok a débuté ses travaux, avec l’audition de Marc Faddoul, chercheur en intelligence artificielle, spécialiste des algorithmes. Elle doit entendre prochainement les responsables français et européens de TikTok, ainsi que des représentants des ministères concernés.


Cette enquête parlementaire au Sénat, donc, doit permettre de faire la lumière sur les pratiques de l’entreprise chinoise en matière de protection des données, de modération des contenus et d’influence politique.


Claude Malhuret, rapporteur de cette commission nous dit :


“L’actualité aux États-Unis, au Canada, et en Europe conforte notre initiative au Sénat. Nous ne sommes pas en mesure d’affirmer que TikTok n’est pas un instrument potentiel de désinformation ou de manipulation au profit de régimes non démocratiques, ni que son utilisation est sûre au regard de la nécessaire protection des données. La commission d’enquête permettra de faire toute la lumière sur ces questions et fera des recommandations.”


Face à ces soupçons, et ses potentiels risques d’interdiction, TikTok se montre étonnamment serein, coopératif voire même volontaire.


La société se défend en effet de toute anomalie, ingérence ou espionnage. Elle affirme respecter les lois des pays où elle opère et ne pas partager les données de ses utilisateurs avec le gouvernement chinois. Même si les dernières conditions générales d’utilisation semblent démontrer le contraire.


Elle assure également promouvoir la diversité et la créativité sur sa plateforme, qui compte plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde.


TikTok a lancé des initiatives que l’on qualifierait de citoyennes et responsables. Par exemple, pour les utilisateurs de TikTok âgés de moins de 18 ans, une limitation du temps d'écran a été fixée à 60 minutes. TikTok a ajouté aussi davantage de contrôles parentaux.


Le géant chinois a aussi annoncé en février 2023 la création d’un centre européen pour la protection des données en Irlande.


Ces initiatives suffiront-elles à convaincre les sénateurs français ? Rien n’est moins sûr. Quand une société n’a rien à se reprocher, ferait-elle autant d’actions comme celles-ci ?


La France, comme les Etats-Unis, sont engagés dans une bataille stratégique mêlant géopolitique et puissance économique avec la Chine avec comme fins le contrôle de l’internet mondial. TikTok apparaît comme un symbole fort de la puissance et de l’ambition chinoises dans ce domaine.


Dans les semaines à venir, TikTok sera de plus en plus sous surveillance, Facebook, Google et consorts habituellement scrutés de toutes parts pourraient passer pour des anges. Mais il y a fort à parier que le statu quo ne sera pas possible.


A la semaine prochaine !