Radio JudaïcaA robot for Shabbat
S06E22 - Judaica - Chronique New Tech -
Un robot pour shabbat
Bonjour à toutes et à tous,
La science-fiction nous a souvent dépeint des futurs remplis de robots majordomes, à la fois pratiques et un peu inquiétants. Pendant longtemps, cela restait un fantasme. Mais le grand salon de la technologie, le CES de Las Vegas, qui s'est tenu la semaine dernière, nous a montré que ce futur est en train de frapper à notre porte.
Le concept qui était sur toutes les lèvres est celui de l'« IA Physique » : l'intelligence artificielle qui sort de nos ordinateurs pour habiter des corps mécaniques. Et le terrain de jeu principal de cette révolution, ce n'est plus seulement l'usine, c'est notre propre maison.
La star du salon était sans doute le robot CLOiD de LG. Imaginez un assistant sur roues, avec deux bras articulés et une tête expressive, capable d'aller chercher le lait dans votre frigo, de mettre un croissant au four, et même de plier votre linge. LG nomme cette vision la « maison sans travail ». Un futur où les corvées quotidiennes seraient entièrement déléguées à une machine.
Au-delà des tâches ménagères, on a aussi vu une nouvelle génération de robots compagnons. Des robots conçus non pas pour faire, mais pour être. Comme le Sweekar, une sorte de Tamagotchi moderne qui grandit physiquement avec l'attention qu'on lui porte, ou des robots spécifiquement pensés pour tenir compagnie aux personnes âgées.
Face à cette déferlante, une question plus intime, plus culturelle, se pose. Comment cette technologie pourrait-elle s'intégrer dans nos traditions, et notamment dans la vie juive ?
La question peut faire sourire, mais elle est profonde : peut-on imaginer un robot à la maison pour Shabbat ?
L'idée d'une aide extérieure pendant le repos du Shabbat n'est pas nouvelle, elle est même encadrée par la tradition à travers la figure du « Shabbat goy ». Alors, un robot pourrait-il devenir une sorte de « Shabbat bot » ? Un assistant qui, une fois programmé avant l'entrée du Shabbat, pourrait accomplir certaines tâches interdites : allumer ou éteindre une lumière, régler un chauffage, ou même débarrasser une table.
Cela soulève des questions halakhiques absolument fascinantes et inédites. Un robot n'a pas d'âme, il n'est pas juif. Mais il est le prolongement direct de la volonté de son propriétaire qui l'a programmé. Où se situe la frontière ? Est-ce une aide permise ou une manière de contourner l'esprit de la loi ?
Ces questions ne sont plus théoriques. Elles nous obligent à réfléchir à la nature même du travail, de l'intention et de la présence. Un robot qui plie le linge, c'est une chose. Un robot qui interagit avec les rituels les plus sacrés de notre vie en est une autre.
Finalement, ce que le CES 2026 nous a montré, ce n'est pas seulement une avancée technologique. C'est un miroir. Ces robots humanoïdes, en entrant dans notre sphère la plus intime, nous forcent à nous interroger sur ce qui est vraiment essentiel à notre humanité, à notre identité et à nos traditions. Et cette conversation ne fait que commencer.
A la semaine prochaine !