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Une guerre avec comme arme la communication

2023-10-07 4:30Saison S4 · Épisode 6

RCJ S4E06 - Chronique Tech -


Une guerre avec comme arme la communication et nos smartphones


Comme beaucoup, nous avons été sonnés. Sonnés, ce samedi de voir ces attaques du Hamas qui vont au-delà des roquettes malheureusement habituelles que l’on avait tendance à banaliser car le dôme de fer est là.


Des hommes armés sont entrés par la mer, par les airs, par la terre, comme si la frontière était devenue une passoire, sur le territoire israélien et ont procédé à des massacres, à des kidnappings.


Cette triple attaque de roquettes, au nombre inédit aussi, terrestre et maritime, s’ajoute à une autre bataille qui se lance sur les réseaux sociaux. Celle de la communication.


D’un côté les vidéos des civils touchés, qui alertent, montrent de façon sobre plutôt ce qui se passe sans trop savoir quelle est la réalité globale à cet instant, d’un autre celles publiées par des comptes palestiniens qui sont tout autres.


Ces images effroyables d’une dureté inédite ont commencé à se multiplier sur X montrant de façon brutes et sans filtre ce qui se passe dans les villes du sud du pays. Maintenant qu’Elon Musk a ouvert les vannes laissant la place à la “liberté d’opinion” nous avons malheureusement une première illustration de ce qu’est devenu Twitter à savoir X.


Les vidéos postées par des comptes d'israéliens vivant dans ces villes se sont mêlées avec d’autres sur le réseau d’information venant de comptes liés aux terroristes du Hamas.


Le faux du vrai, le vrai du faux et notre propension à diffuser telle ou telle image, souvent trop rapidement, sans vérifier l’origine, sont devenus donc des armes.


On y voit des femmes avec des enfants prises en otage emmenées de force pour servir de bouclier humain, des corps nus de soldats israéliens, des femmes comprises, roués de coups puis lynchés, des kibboutz occupés et aux mains de terroristes qui s'apprêtent à kidnapper ses habitants ou enfin cette rave pacifique qui se transforme en pogrom.


L’horreur succédant à l’horreur le tout dans l’impensable et l’inimaginable.


A chaque repost de ces images et de ces vidéos, cela correspond à une victoire pour les terroristes. Leur objectif est là. Ce qu’ils veulent c’est de montrer qu'Israël a été touché durement, qu’ils ont réussi à déstabiliser le pays. Ces diffusions, ces likes, ces commentaires galvanisent leurs partisans à travers le monde rendant plus massif ce qui semblait être pour eux déjà une victoire.


Depuis, en appliquant tout d’abord les consignes des autorités israéliennes de ne pas diffuser quelques images ou vidéos qui n’auraient pas été sourcées, les choses ont bien changé.


Tsahal comme sur le terrain a repris la main et avec une certaine force. Les publications se multiplient sur Instagram et sur X principalement. Nous sommes dans une bataille de l’image.


Les voyages de presse dans le kibboutz où le pogrom a eu lieu en particulier sont organisés. Les chaînes diffusant en quasi en temps réel sur les réseaux sociaux ce que leurs journalistes ont vu. Les stories sur Instagram se succédant tout de suite après comme une évidence, une à une et montrant des images et vidéos évoquant ces 40 bébés retrouvés dans ce kibboutz situé à 800 mètres de Gaza.


Tsahal en communiquant ainsi, en montrant l’horreur et la barbarie, a repris la main sur les réseaux sociaux, comme sur le terrain aussi.


Après la surprise de l’attaque et les constats le premier jour, ils font en sorte que l'autre camp ne puisse plus réagir.


Cette guerre se gagnera bien entendu militairement avec des armes, des avions, des bombes et des soldats mais aussi avec nos smartphones.