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Le lancement de Threads et les groupes de signalements massifs : deux exemples de la force de la réglementation Européenne

2023-12-18 4:30Saison S4 · Épisode 16

RCJ S4E16 - Chronique Tech


Le lancement de Threads et les groupes de signalements massifs : deux exemples de la force de la réglementation Européenne


Elon Musk a voulu en découdre sur un ring avec Mark Zuckerberg l’été dernier. La raison était la création par le deuxième d’un clone de X : Threads. Lancée il y a 5 mois dans le monde entier, l’application qui est une émanation d’Instagram, est utilisable dorénavant par les Européens depuis la semaine dernière.


Et ce lancement vient à point nommé, car Threads vivotait, c’est le moins qu’on lui puisse dire, malgré un lancement réussi en juillet, avec plus de 100 millions de nouveaux utilisateurs en à peine 4 jours, ce qui faisait de ce concurrent de X, l’application ayant fait le meilleur démarrage de l’histoire.


Une des raisons de ce décalage, est que Meta a dû grandement limiter les fonctions de son réseau dans les pays de l’Union Européenne. Le temps de revoir leur copie.


Meta a modifié Threads pour être en conformité avec les différents règlements européens. La principale différence de cette version réside dans la possibilité de consulter le réseau sans avoir de compte. Mais pour pouvoir publier, partager des textes, photos et vidéos, il faudra, comme tous les utilisateurs dans le monde, disposer d’un compte Instagram, le réseau aux 2 milliards d’utilisateurs. Les Européens peuvent également délier le compte Threads du compte Instagram et donc supprimer le premier sans supprimer le second, ce qui est impossible ailleurs dans le monde. Meta veut, d’évidence, éviter d’être en infraction et de payer une nouvelle amende de 1,2 milliard d’euros. Le Règlement Général pour la Production des Données étant notre gendarme.


Threads est une très belle réalisation mettant un gros coup de vieux à X. Mais il y a un mais, un des constats c’est quand on lance l’application, on se retrouve sur la page d’accueil intitulée comme sur TikTok : pour vous. On y voit de belles photos de paysages, de mannequins, de bons plats, que des posts un peu en dehors du temps. Il n’y a rien ou quasi rien sur Israël et ce qui s’y passe, comme si nous devions nous extraire d’une réalité. Pire, quand on évoque Israël ou Gaza sur Threads, on nous réplique presque de ne pas écrire à ce sujet comme si Threads devait rester une terre vierge de débat.


J’ignore si cela restera ainsi, je ne le pense pas, mais à travers ce lancement tardif 5 mois après les autres pays dans le monde, on a pu voir la force de la réglementation européenne.


Celle-ci nous a protégé vous le voyez. Comme elle nous protège aussi avec les applications que nous utilisons tous les jours. Les posts anti juifs sont tellement en croissance que sans celle-ci nous ne pourrions plus utiliser Facebook, X, TikTok ou Instagram tout simplement.


Je m’explique, nous avons tout un tas de gardes fous qui permettent de limiter cette invasion. La réglementation européenne nous aidant encore cette fois-ci.


Avec le DSA pour digital service act, les actes de haines, d’apologie du terrorisme sont clairement punis en ligne tout autant que dans la vraie vie.


Une personne ayant menacé de mort sur X, la chercheuse au CNRS, spécialiste des Frères Musulmans, Florence Bergeaud-Blackler, a été condamnée à 15 mois fermes avec mandat de dépôt. Le patron d’une startup fabricant des vélos électriques ironisant sur les pogroms dont les juifs ont été victimes sur Linkedin a été éjecté en moins d’une semaine de son poste. Yossef Atal, joueur de football à Nice, est suspendu jusqu’à nouvel ordre par son club a été condamné à 10 mois de prison avec sursis, une amende de 45 000 euros et la diffusion de la décision de justice sur Instagram pendant une durée d'un mois, Emilie Gomis, ambassadrice pour les JO 2024 a eu un avis défavorable à son maintien dans l’équipe olympique après avoir fait la diffusion de fausses informations. La liste s’allonge tous les jours.


Grâce à ces outils réglementaires mais aussi à la professionnalisation des groupes de signalements massifs.


En effet grâce à des groupes comme Social Media War sur WhatsApp ou surtout Signal Plus sur Telegram, un grand nombre de signalements sont faits en quelques minutes car ils sont réalisés maintenant de manière très professionnelle et quasi automatisée.


Grâce des fiches indiquant le lien, le motif du signalement à renseigner et ainsi pour chaque demande on a les 40 signalements nécessaires sur Pharos (la plateforme du gouvernement) ou directement sur les applications pour que le post problématique soit pris en compte par les modérateurs.


Vous le voyez à plus d’un titre, l'Europe via ses règlements nous protège. Les groupes de signalement complètent le dispositif. A compter de cette guerre qui aura révélé plein d’autres choses bien évidemment, il faudra intégrer quotidiennement cette nouvelle obligation. Et signaler les posts sera une des activités tout autant qu’on like, commente ou partage sur les réseaux sociaux


A la semaine prochaine !