RCJSciences Po et les écoles françaises des sanctuaires en danger
Chronique Tech RCJ S4E29
Sciences Po et les écoles françaises : Des Sanctuaires en danger ou La Menace du Silence
Le 12 mars dernier, tout est parti d’un tweet, publié sur le compte de l’UEJF, aux alentours de midi, commençant par: «Ne la laissez pas rentrer, c’est une sioniste». S’en est suivi une déflagration, non seulement à Sciences Po, mais dans toutes les écoles et universités de France.
Les écoles se doivent d’être protégées et rester des sanctuaires où on apprend, on partage et on socialise. Ces dernières années, nos écoles se sont transformées en des endroits où la majorité silencieuse est soumise au diktat de quelques personnes ou groupuscules qui se disent révolutionnaires et toutes acquises aux minorités : en particulier à la cause palestinienne.
Internet et les réseaux sociaux allument le feu en permanence. Les exemples ne manquent pas. Les vidéos sur TikTok et X en particulier, tournées au sein des campus, nous parviennent du monde entier. Des activistes s’autorisent à prendre la parole au détriment des étudiants qui eux, sont simplement là pour étudier.
Dans une lettre adressée à ses collègues des différents Conseils de Sciences Po et publiée sur le site laregledujeu.org, François Heillbronn, Professeur des universités associé et Membre du Conseil de L’Institut de Sciences Po, s’exprime sur l’importance de nommer les choses par l’établissement et aussi de conclure sa lettre par, je cite : « En espérant que vous saurez vous mobiliser pour défendre notre École et ses valeurs, souillée hier par une minorité étudiante véhiculant la haine et la discrimination »
En fait, le mal semble être plus profond. Dans une étude du Cevipof datant de 2022, celle-ci montre que 55% des étudiants de Sciences-Po ont voté Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle. La personnalité préférée des étudiants interrogés est Alexandra Ocasio-Cortez: égérie woke des démocrates américains. Le problème ne vient pas seulement des contenus et de la situation liés au Proche Orient mais de tous ceux suivant cette mouvance wokiste qui sournoisement gangrène peu à peu nos établissements.
Marika Bret, du Printemps Républicain, repris ensuite par Nora Bussigny et Factuel, ont recueilli le témoignage de Sofia, 17 ans, qui a été victime d’actes et de harcèlement depuis septembre. Craignant pour sa sécurité et voyant son état se dégrader, ses parents et le proviseur ont décidé de la changer d’établissement, afin de la protéger des multiples insultes et menaces.
La pression vous le voyez devient donc insupportable. Certains étudiants juifs vont, vers leur école, chaque matin, la boule au ventre.
Avant le 7 octobre, une étude de l’UEJF publiée le 28 septembre 2023, révélait qu’au cours de leur vie étudiante, 91 % des jeunes juifs avaient déjà été victimes d’acte antisémite. 36 % des étudiants juifs affirmaient avoir déjà caché leur judéité, par crainte de l’antisémitisme et 33 % disaient avoir modifié leur comportement après avoir été confrontés à l’antisémitisme.
Je m’interroge: quels seraient aujourd’hui les résultats de cette étude pour les étudiants juifs et pour tous ceux qui n’ont rien demandé à personne et qui sont simplement là pour étudier ?
Au moment de taper ses vœux sur Affelnet pour le choix de son lycée, ou sur Parcoursup pour les futurs bacheliers, combien d’étudiants vont donc s’abstenir d’aller dans tel ou tel établissement parce qu’ils auront vu circuler un contenu sur les réseaux sociaux, pouvant les questionner sur le fait d’être juif dans le-dit établissement ? Les algorithmes vont-ils tenir compte du “contexte” ?
Il est temps que cela stoppe.
Suite à l’incident de Sciences Po, et c’est le premier point, le Président de la République et le Premier Ministre ont réagi immédiatement. Les coupables, de cette phrase digne des années 40 seront, je l’espère, sévèrement sanctionnés afin que cela ne se reproduise plus. Espérons que ces sanctions soient à la hauteur du préjudice mais surtout que l’information remonte pour que les coupables et leurs amis réfléchissent aux conséquences de leurs actes.
Le second point est plus sur la durée, c’est le signalement. Nous avons chacun un rôle à jouer, même si nous ne sommes plus étudiants. Nous rentrons en résistance. Si vous êtes touchés ou témoins, de discrémination, d’intimidation, d’actions violentes qu’elles soient verbales ou physiques, parce que vous êtes opposés à ces révolutionnaires en carton-pâte, signalez les, sur le site de Pharos, au CRIF via l’adresse mail : [email protected], au SPCJ via leur site spcj.org rubrique signaler, à l’UEJF via les réseaux sociaux ou à la DDF, bien évidemment.
Les signalements sont hélas nombreux, mais sachez le, beaucoup aboutissent.
Pour exemple, le cas d’une professeure de finances qui avait demandé lors d’un cours sur les arnaques financières illustrées par des films : “qui est juif dans la salle ? “ a été renvoyée en 24h à peine, par le Directeur de l’école.
L’éducation est un socle avec ses règles et ses limites. Si nous laissons faire, cette résistance sera vaine et nous aurons perdu. Pour toujours.
A la semaine prochaine !