RCJ RCJ

Soldats du cyberespace : Gardiens invisibles d'Israël

2024-04-13 4:30Saison S4 · Épisode 32

Chronique Tech RCJ S4E32


Soldats du cyberespace : Gardiens invisibles d'Israël


L’Iran et son mandataire, le Hezbollah, ont formellement déclaré qu’Israël ne resterait pas impuni suite à l’attaque du 1er avril dernier. Celle-ci a visé un bâtiment consulaire à proximité de l’ambassade d’Iran à Damas, entraînant la mort de Mohammad Reza Zahedi, haut responsable du Corps des Gardiens de la Révolution islamique en Syrie, ainsi que de son adjoint, de cinq autres officiers du CGRI et d’un membre du Hezbollah.


Face à cela, outre les corps d’armée classiques (aérien, terrestre et maritime), la cybersécurité est désormais au cœur de la stratégie de défense du pays.


Les autorités israéliennes ont pris ainsi des mesures drastiques. Un premier exemple qui a modifié le quotidien des israéliens. Le jeudi 4 avril, la cybersécurité nationale d’Israël a étendu le brouillage GPS sur l’ensemble du territoire, y compris dans le centre du pays. Cette mesure visait à contrer d’éventuelles représailles iraniennes. Le brouillage GPS, déjà en place depuis le début de la guerre dans le nord d’Israël, permet de perturber les drones et missiles guidés par GPS envoyés vers l’État hébreu. Cependant, il eut comme conséquences d’affecter le bon fonctionnement d’applications de navigation telles que Waze, Moovit ou Google Maps, les services de taxi comme Gett ou de livraison comme Wolt. Ainsi si vous étiez physiquement à Tel Aviv, vous étiez localisé… à l’aéroport de Beyrouth, remettant au goût du jour les cartes en papier.


En continuant, sur des actions défensives ou préventives, des attaques côté Iranien pourraient cibler des symboles étatiques tels que le ministère de la Défense ou des Affaires étrangères, ainsi que les bases militaires aériennes en Israël. Tous les sites d’état et d’informations ont renforcé ainsi leur vigilance. Toute forme de fuite de données serait potentiellement catastrophique et une forme de victoire « énorme » pour les ennemis d'Israël, pays réputé comme étant le meilleur au monde en la matière.. Ainsi des informations non encore vérifiées à cette heure où j’écris cette chronique font état d’une fuite de données d’un total de 300 Go sur tout un tas de documents, dont le contrat liant Israël avec les laboratoires pharmaceutiques délivrant le vaccin contre le Covid.


Au-delà de la cybersécurité, notons également que les tombes d’Esther et Mordechaï à Ispahan, en Iran, ont été incendiées quelques jours seulement après la fête de Pourim montrant la volonté de l’Iran de toucher des symboles du judaïsme avant de toucher directement Israël.


En passant du côté offensif, cette fois-ci, un groupe sur Telegram se nommant We Red Evils donne des informations sur toutes les attaques faites depuis Israël. Parfois sous la forme de devinettes. Ainsi on découvrit, après l’opération en question, que l’aéroport de Beyrouth ne pouvait faire atterrir d’avions, pendant quelques heures, car le système permettant la programmation des atterrissages avait été piraté par ce groupe qui agit bien entendu dans l’ombre et fait ces annonces, une fois l’opération menée.


Tout comme des avions envoyés pour larguer des bombes, les cyberattaques peuvent frapper des infrastructures critiques telles que les centrales électriques ou les réseaux de transport, pouvant paralyser ainsi un pays tout entier. Elles peuvent également servir à voler des informations sensibles ou à semer la désinformation.


Vous le voyez, ces soldats du cyberespace sont les gardiens invisibles d'Israël, prêts à défendre leur nation contre toute menace, qu’elle vienne du monde physique ou virtuel. Les attaques de toutes parts sont permanentes. Le front étant bien plus large et impossible à contrôler en totalité que celui à Rafah ou bien dans le nord du pays.


Tous ces soldats, une fois leur service terminé continueront de travailler dans la cyber sécurité. Et je terminerai sur une statistique éloquente : 5% des développeurs israéliens travaillent sur ces sujets, ces 5% génèrent près du 10% du produit intérieur brut israélien, preuve supplémentaire de l’importance et de l’efficacité de ces gardiens de l’ombre.


À la semaine prochaine !