Radio JiPhone ou Android, quel smartphone offrir à Hanoucca pour une sécurité maximale ?
S06E13 – Radio J – Chronique Tech - iPhone ou Android, quel smartphone offrir à Hanoucca pour une sécurité maximale ?
Rudy Saada: Bonjour Stéphane. Alors que les lumières de Hanoucca vont briller, la course aux cadeaux battra son plein. Certains chanceux recevront un smartphone. Mais qu’offrir comme téléphone en garantissant la sécurité de celui qui le reçoit, faut-il se tourner vers l'écosystème fermé d'Apple ou vers la flexibilité d'Android ?
Bonjour Rudy, bonjour à toutes et à tous. Nos smartphones sont devenus le centre de nos vies, contenant nos informations les plus intimes et professionnelles. Pour y voir plus clair, un exemple récent est très parlant. L'armée israélienne, Tsahal, connue pour son expertise en cybersécurité, a récemment tranché de manière radicale : l'iPhone est désormais obligatoire pour les communications officielles de ses officiers supérieurs, interdisant de fait les appareils Android pour cet usage. Cette décision n'est pas un coup de pub, mais une réponse stratégique à l'intensification des cybermenaces.
La raison fondamentale de ce choix tient en deux mots : contrôle et uniformité. Apple maîtrise l'ensemble de sa chaîne, du matériel (le téléphone lui-même) au logiciel (le système iOS). C'est un "jardin clos". Lorsqu'une faille de sécurité est découverte, Apple peut la corriger et déployer la mise à jour sur des centaines de millions d'appareils quasi simultanément. L'App Store est également une forteresse : chaque application est rigoureusement vérifiée avant d'être publiée, ce qui réduit considérablement le risque de télécharger un logiciel malveillant.
À l'inverse, Android est un système ouvert, open-source. C'est sa grande force : il offre un choix immense d'appareils, de designs et de prix, de Samsung à Google, en passant par de nombreuses autres marques. Mais cette ouverture est aussi sa principale faiblesse structurelle en matière de sécurité. On parle de "fragmentation". Chaque fabricant (Samsung, Xiaomi, etc.) est responsable de déployer les mises à jour de sécurité sur ses propres modèles. Ce processus peut être lent, inégal, et sur les téléphones d'entrée de gamme ou un peu anciens, les mises à jour peuvent tout simplement cesser, laissant l'appareil exposé à des failles pourtant connues et corrigées par Google.
Rudy Saada : C'est très clair. On a d'un côté une forteresse contrôlée, et de l'autre un écosystème ouvert et diversifié. Mais au-delà de cette différence de philosophie, est-ce que cette vulnérabilité théorique d'Android se traduit par plus d'attaques dans la réalité ?
Absolument. Les chiffres sont sans appel. Un rapport de Malwarebytes pour 2025 montrait une augmentation de plus de 150% des menaces sur Android en l'espace de quelques mois. La nature ouverte d'Android permet aussi plus facilement l'installation d'applications depuis des sources externes au Play Store officiel, ce qui est une porte d'entrée majeure pour les malwares. De plus, le rapport récent de l'ANSSI, l'agence française de sécurité, souligne une professionnalisation de la menace. Des sociétés privées vendent désormais des logiciels espions "clés en main", comme le célèbre Pegasus, capables d'infecter un téléphone sans même que l'utilisateur n'ait à cliquer sur quoi que ce soit. Et ces attaques ciblent plus facilement la diversité des appareils Android que l'écosystème homogène d'Apple, même si ce dernier n'est pas infaillible et reste une cible de choix pour les hackers en raison de la valeur des données de ses utilisateurs.
Rudy Saada: C'est assez inquiétant. J’ai un Android. Est-ce que cela veut dire que le choix du téléphone est le seul rempart ? Une fois qu'on a un iPhone, peut-on dormir sur ses deux oreilles ?
Ce serait trop simple ! Et c'est le point le plus important à comprendre. L'ANSSI, le martèle : le maillon le plus faible de la chaîne de sécurité, c'est très souvent... l'utilisateur lui-même. La majorité des attaques réussies exploitent nos erreurs. La technique la plus répandue reste le "phishing" ou hameçonnage : ce SMS frauduleux qui se fait passer pour votre banque ou pour un service de livraison et vous demande de cliquer sur un lien. Que vous ayez un iPhone à 1500 euros ou un Android à 200 euros, si vous cliquez et donnez vos informations, le résultat est le même. Se connecter à un réseau Wi-Fi public non sécurisé dans un café ou un aéroport, télécharger une application peu fiable, ou utiliser des mots de passe trop simples sont des risques élevés.
Rudy Saada: Donc pour conclure et pour guider nos auditeurs dans leur choix, que leur conseillez-vous ? iPhone, Android, ou un cours de cybersécurité ?
Un peu des trois ! Mais si je peux résumer :
Si votre cadeau est destiné à une personne peu à l'aise avec la technologie, ou si vous cherchez la tranquillité d'esprit maximale et une sécurité gérée de manière quasi automatique, l'iPhone reste le choix le plus sûr. C'est une forteresse, plus chère, mais qui demande moins de vigilance de la part de l'utilisateur.
Cependant, si vous optez pour Android, tout n'est pas perdu, loin de là. Il faut être plus sélectif. Evitez les marques chinoises comme Huawei, et privilégiez des marques qui garantissent des mises à jour de sécurité longues et régulières. Les téléphones Pixel de Google sont les champions en la matière, avec 7 ans de support. Les modèles haut de gamme de Samsung sont aussi une excellente option, avec leur plateforme de sécurité Knox. En choisissant bien son modèle Android et en restant prudent, on atteint un très haut niveau de sécurité.
Finalement, le meilleur cadeau, c'est un cadeau accompagné. Prenez cinq minutes pour expliquer à vos proches comment reconnaître un SMS suspect, l'importance des mises à jour et de ne télécharger que depuis les stores officiels. La meilleure technologie de sécurité, c'est d’abord un utilisateur bien informé.
Hag Sameah !