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S1E3: WhatsApp fait machine arrière

2021-01-01Saison S1 · Épisode 3

RCJ Chronique Geek #3 - WhatsApp fait machine arrière


Depuis l’annonce des changements des conditions générales de WhatsApp, vous ne savez plus quoi faire s’il faut conserver ou pas, votre compte.


Eh bien , c’est tout à fait normal, la communication de Facebook la maison mère de WhatsApp a été vraiment chaotique.


Nous allons tâcher d’éclaircir tout cela.


Je vous ai parlé que nos données sont ultra exploitées par Facebook à travers Messenger, Instagram et WhatsApp.


Et qu’à la lecture des nouvelles conditions générales d’utilisation de ce dernier, nous les utilisateurs et à juste titre avions compris que nos comptes allaient être clôturés début février si nous n’acceptions pas ces nouvelles conditions.


Des articles, des posts contradictoires sur les réseaux sociaux, accompagnés d’une explosion du nombre d’utilisateurs sur Telegram et Signal ont renforcé l’incompréhension générale.


En voulant répondre à ces inquiétudes, Facebook indiqua dans un communiqué "nous n'épions pas vos conversations": ok merci mais c’est hors-sujet.


En insistant un peu, ils nous disent : "nous ne pourrons pas partager davantage de données avec Facebook": c'est vrai, sauf qu’avec ces nouvelles conditions d’utilisations, les utilisateurs n'auront plus le choix que de les partager.


Cet épisode advient après de nombreux litiges passés.


L’entreprise a écopé de 110 millions de dollars d’amende pour avoir menti sur le partage des données lors du rachat de WhatsApp.


Facebook a longtemps méprisé le droit français, estimant pouvoir traiter les données des Français comme celles des Américains.


Le Règlement Général de Protection des Données (la RGPD) qui protège en théorie les européens de dérives sur nos données reste une épine pour facebook lequel campe in fine sur ses positions en abusant de sa position dominante.


On ne dit pas non à Facebook car tout le monde entier utilise Facebook. Ils profitent de l’effet de réseaux (plus on est gros plus on attire de monde) qu’a très bien théorisé l’économiste Emmanuel Combes.


A force d’être opaque et de fournir des explications alambiquées, Facebook est totalement responsable de la défiance rencontrée aujourd’hui concernant WhatsApp.


Rudy : très bien je comprends que tout cela n’a pas été clair par Facebook et pour les utilisateurs mais que faire aujourd’hui, on garde, on ne garde pas son compte WhatsApp ?


En fait, il y a eu un rebondissement dans la nuit de vendredi à samedi dernier que WhatsApp « décalait pour le moment » ses changements annoncés et reviendra en mai avec de nouvelles propositions .


Les utilisateurs très nombreux ont refusé en effet de signer un chèque en blanc pour valider l’accès à leurs données.


Depuis quelques jours, nous avons vu arriver beaucoup de nos contacts amis sur Signal. Les GAFAM (Google Apple Facebook Amazon et Microsoft) vont avoir à gérer non seulement les États qui veulent les faire payer leurs impôts, mais avec cet événement de plus en plus d’utilisateurs ont compris l’usage qu’est fait de nos données. C’est une réelle avancée démocratique.


Pour ma part, je trouve ça une bonne chose que les utilisateurs soient enfin écoutés. Il faut commencer à se déshabituer d’utiliser les mastodontes sous peine de transformer ces chèques en blanc en banqueroute.


Et pour répondre aux interrogations et conclure cette chronique : WhatsApp va bel et bien obliger ses deux milliards d'utilisateurs à partager leur numéro, leur adresse IP ou leurs transactions avec Facebook pour devenir une plateforme de relation client. Les conversations restant privées car cryptées. Mais les récalcitrants refusant les conditions générales ne seront bel et bien "sortis" en mai prochain.


Donc en prévision de ce mois de mai, je ne peux que vous encourager à télécharger des applications dont j’ai pu parler comme Telegram, Signal ou même l’application française très prometteuse Olvid et transférer vos conversations groupées ou individuelles.


A la semaine prochaine !