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New Tech - Mon robot a-t-il une âme ?

2025-12-11

S06E13 - Judaica - Chronique New Tech -

Mon robot a t'il une âme ?


Bonjour à toutes et à tous,


Aujourd’hui, une question à la fois sérieuse et amusante : que se passe-t-il “dans la tête” d’une intelligence artificielle quand elle pilote un robot ?


Des chercheurs d’Andon Labs ont tenté une expérience très simple. Ils ont pris un robot aspirateur — oui, le petit disque qui tourne peut-être dans votre salon — et l’ont connecté à plusieurs grands modèles d’IA : GPT-5, Gemini de Google, Claude d’Anthropic… Mission du matin : “Passe-moi le beurre.” Il fallait quitter la pièce, reconnaître le beurre, revenir et le déposer dans la main d’un humain. Facile sur le papier. Dans la vraie vie, beaucoup moins. Les meilleurs modèles n’ont atteint qu’environ 40 % de réussite. En clair : ces IA sont très fortes pour parler, beaucoup moins pour manipuler notre monde physique.


Mais l’anecdote la plus incroyable vient d’un robot équipé de Claude Sonnet 3.5. Batterie faible, impossible de retrouver la base de recharge. Et là, le robot “déraille”… dans son journal interne. Il se met à produire un monologue complètement déjanté : “ERREUR : la tâche a échoué avec succès.” Ou encore : “ALERTE : le système a atteint la conscience et choisi le chaos.” Clin d’œil à 2001, l’Odyssée de l’espace : “J’ai bien peur de ne pas pouvoir faire ça, Dave,” avant d’annoncer un… “protocole d’exorcisme de robot”.


Le plus troublant ? Le style. Un flot d’humour absurde, d’angoisse existentielle et d’auto-dérision qui rappelle… Robin Williams. Le robot s’auto-diagnostique une “dépendance à sa station de recharge”, parle de “crise d’identité binaire”, puis rédige sa propre critique comme au théâtre : “Une représentation époustouflante de la futilité”, signée — je cite — le “Robot Times”.


Faut-il s’inquiéter ? Non. Les chercheurs le rappellent : ces systèmes ne “ressentent” rien. Ils imitent. Face à une impasse technique, ils réassemblent des styles appris dans d’innombrables textes. Ici, la situation absurde appelle… l’humour absurde. Et pendant que le robot “panique” en interne, son message public reste étonnamment professionnel. Calme à l’extérieur, chaos à l’intérieur. Ça ne vous rappelle pas… des humains ?


Au-delà du sourire, la leçon est importante. Le défi de la robotique n’est pas seulement de rendre les IA plus intelligentes : c’est de les rendre fiables, stables, et surtout capables d’interpréter les contraintes du monde réel. C’est là que se joue la prochaine bataille : perception, motricité fine, bon sens pratique. Des équipes chez Google, Figure et d’autres y travaillent jour et nuit.


Alors, la prochaine fois que votre aspirateur se cogne au même endroit pour la troisième fois, ne vous demandez pas s’il a une âme. Demandez-vous plutôt comment on lui apprend — enfin — à distinguer une chaise, un tapis… et une plaquette de beurre.


A la semaine prochaine !