L'Equipe de France en Afrique du Sud une impression de déjà vu finalement
22 juin 2010Actualité(93)Earthpics(50)Cinéma(31)Twitter(44)Web-tech(56)Buzz(53)Apple(41)Web 2.0(108)Facebook(38)Iphone(35)ActualitéEvénement
Pour une fois pas de Twitter, d'iPhone, de Facebook ou autres objets ou sites à avoir ou à voir.
L'équipe de France de football est au centre des discussions depuis des jours et des jours, rendant d'ailleurs quasi inexistant tout lancement ou toute campagne tellement ce sujet est devenu incontournable pour tous (utilisateurs, annonceurs, médias, politiques...).
J'écris à ce sujet, car comme beaucoup, j'ai assisté incrédule à ce qui se passait en Afrique du Sud. Voir ces unes de journaux tapageuses, ces émissions spéciales et ces longues premières minutes des journaux télé ou radio prises par les différentes affaires qui auront jalonné le court parcours des Bleus auront permis de cristalliser ce sentiment de honte et de colère qui nous habite tous, même pour ceux qui ne s'intéressent au football qu'une fois tous les quatre ans.
L'histoire est souvent un éternel recommencement comme il est facile de dire mais je dois reconnaître que cet épisode sud-africain a été pour moi une sorte retour en arrière. A chaque match de cette poule A, à chaque annonce, analyse ou lecture d'un article les analogies avec la Coupe du Monde 2002 en Corée du Sud (tiens encore un pays avec sud dedans) et au Japon se multipliaient.
Je ne retiens peut être qu’une seule différence globale. A l'époque, on ne pouvait pas atteindre aussi facilement les acteurs (joueurs, journalistes, consultants) et l'information est devenue aujourd’hui effectivement en temps réel avec tous ces sites qui alimentaient en doses non homéopathiques nos oreilles et nos yeux le tout repris en boucle sur Twitter ou Facebook.
En voyant ce match Afrique du Sud France dernier match de poule éliminant au moins une équipe, j'imaginais pourtant secrètement que l'histoire ne se répéterait pas.
Je l’ai cru en regardant la composition de l’équipe de France cet après midi. Son sélectionneur marquait les esprits en faisant une équipe volontairement à messages avec un Gallas en défense à gauche (position qu’il n’aime pas), de ne pas aligner les fortes têtes (Abidal, Malouda, Evra), de titulariser à nouveau Gourcuff et de nommer capitaine celui qui le sera peut être pour son successeur. Un peu tout le contraire de Roger Lemerre à l’époque, qui mise à part la rentrée de Zidane, était resté dans ses idées.
Donc malgré ces changements dans la forme qui n’ont rien provoqué nous avons perdu 2 à 1 synonyme de retour prématuré en France.
En 2002 autour du 13 juin, si j'ai bonne mémoire, je repartais sur Paris depuis Séoul. J'avais assisté avec la délégation de Yahoo! (un des sponsors de la Fifa à l'époque) à Brésil - Chine, Corée du Sud - Etats-Unis et enfin France – Danemark.
C'était le dernier match de poule, la France avait perdu le premier match contre le Sénégal, fait match nul contre l'Uruguay (déjà), ce dernier match était le premier de Zidane depuis sa blessure à la cuisse. Une victoire 2 à 0 suffisait pour la France. Il eut bien 2 à 0 mais pour le Danemark renvoyant les Champions du Monde en titre à la maison dès le premier tour, sans but et cela pour la première fois dans l’histoire de la compétition.
Le lendemain je repartais donc depuis Séoul pour Paris, qu'elle ne fut pas ma surprise de voir lors de l'enregistrement des bagages qu'une hôtesse d'Air France nous déclasse de business en éco car le vol sera plus rempli que prévu initialement nous dit on.
L'équipe de France au grand complet moins Thierry Henry (déjà) qui prenait un avion pour Londres (avec le DTN de l'époque Aimé Jacquet) était à bord !
J'ai ainsi pu parler avec certains mais j'ai surtout vu et senti l'écart énorme entre « eux » et nous.
Quand la France gagne comme en 1984, 1998 ou 2000 les joueurs ont une joie immense. Certes cette joie est partagée avec les français pendant quelques jours mais elle reste vraiment intense pour eux longtemps. Elle leur permet de monnayer leurs contrats (et c'est mérité) profitant de cette allégresse du résultat passé pendant plusieurs années même après leurs exploits.
Nous, nous repartons les lendemains de victoire dans notre quotidien, ni Nike, Adidas ou Chelsea ne viendront nous proposer quoi que ce soit (et c'est normal).
Par contre quand la France perd ce sont nous les spectateurs qui ont une grande peine voire honte, comme aujourd’hui, et cela pendant quelques semaines (au moins le temps de la Coupe du Monde). Les joueurs que j'ai pu fréquenter pendant ces quelques 12 h de vol n'étaient pas si traumatisés que cela mise à part deux joueurs qui n'ont pas desserrés la mâchoire et ont peu bougé de leur place pendant le vol.
Certains rigolaient souvent ou préparaient leurs vacances en utilisant le téléphone de bord pour réserver une villa de plus en Corse ou en Espagne. Le bar roulant n'était pas arrivé jusqu'à nous pour le premier passage de restauration que l'hôtesse de business venait prendre toutes les petites bouteilles de champagne, whisky, rhum ou vodka possibles nous laissant le vin rouge (coréen je précise) et le jus d'orange vidant ainsi toutes les boissons dès ce premier passage (sur 5 ou 6 que comporte le vol). Le tout moins d’une journée après la défaite face au Danemark.
Malgré quelques échanges vraiment sympas avec deux d'entre eux je suis descendu de cet avion un peu choqué de voir comment ils n'en avaient rien à faire d'avoir perdu ainsi. L'arrivée à Paris avec les journalistes nous sollicitant pour avoir des images (photos ou vidéos prises à bord), des témoignages, les français les attendant à l’aéroport ont pu démontrer l’énorme déception ressentie en France et confirmer ce décalage entre « eux » et nous.
Je ressens la même gène, la même peine aussi ce soir comme il y a 8 ans. Je me demande encore pourquoi je suis encore les matchs de ce sport qui finalement n'est qu'un jeu. Je sais que cela ne changera pas les choses et que le marché du foot est ce qu’il est mais je souhaite de tout cœur c’est de ne plus être triste, peiné ou en colère pour ce sport qui ne donne finalement pas tant de joie que cela.
Je suivrai avec attention les mea culpa, annonces, retraites, réorganisations dans les jours qui viennent car ça c’est sûr il y en aura occultant probablement l’actualité de la Coupe du Monde celle des gens qui jouent. Nous verrons ainsi si cette peine collective que nous avons les toucheront d’une manière ou d’une autre et qu'ainsi ce ne soit pas la répétition d'il y a huit ans.
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